Vendredi 6 février 2009
[Je suis désolé de ma longue absence, de mon manque de mise à jour et tout, mais voilà, j'écris un roman, donc je serai encore absent pendant pas mal de temps, je vous passe le prologue (pour l'instant j'en suis à 17 pages)]

Prologue

    Je sirotais tranquillement mon verre en discutant avec une charmante déesse. Autour de moi, les humains dansaient au rythme lancinant du luth. Quelques autres humains étaient, tout comme moi, en pleine conversation et d'autres, enfin étaient accoudés quelque part, en train de se retenir de ne pas vomir le vin, ma foi succulent, qu'ils n'auraient pas pris le temps de convenablement apprécier. Le fait qu'une déesse se soit glissée dans une fête humaine m'intriguait au plus haut point et n'ayant rien à faire pour attendre le bon moment, je m'étais dirigé vers elle. Je l'avais d'abord un peu dévisagée discrètement, elle devait avoir la trentaine, ce qui n'était pas très vieux pour un Dieu, mais qui relevait du miracle pour les humains comme moi. J'avais pour ma part sept ans et mon âge devait à peu près correspondre au sien. J'engageai la conversation après ces constatations futiles. Elle n'eut rien de bien intéressant à m'apprendre, à part qu'elle était magicienne, qu'elle était ici pour des raisons de sécurité, un blocage anti-magie, je crois. Il y avait, parait il, des rumeurs selon lesquelles, un assassin risquerait de troubler la fête en tuant le maître des lieux. Qu'est ce que les gens vont inventer tout de même... Jamais je n'utiliserai la magie contre une cible, il suffirait qu'il ait un quelconque talent de magiciens, de sorcier, ou même qu'il soit assez riche pour se payer une amulette qui anéantirait toute velléité d'attaque magique et s'en serait fini de moi.
    Je laissai finalement choir ma complaisante nouvelle connaissance de façon tout à fait polie et je fit encore une fois le tour de la pièce. Le gros souci des humains, c'est qu'ils se ressemblent tous vraiment beaucoup, sauf un détail. J'ai rencontré une personne qui avait les yeux gris orangés, une autre qui avait deux genoux à chaque jambe. C'est vraiment une chose étrange parce que ça ne prend en compte aucun paramètre génétique. Quand vous marchez dans la rue et que vous voyez quelqu'un qui a les cheveux coiffés de manière vraiment extravagante, un énorme tatouage sur le dos ou qui se balade nu en chantant "L'empereur est mort", ne vous affolez pas outre mesure, ça veut juste dire que le signe distinctif que la nature leur a alloué n'était pas assez évident et qu'ils ont préféré se distinguer de la masse par un moyen plus singulier.
    Pour ma part, j'ai une dague enchantée dans la manche gauche, quatre couteaux de lancer dans chaque botte, une amulette qui renvoie les sorts mineurs sur leur lanceur et qui absorbe les sorts normaux et pas mal de la puissance d'un sort majeur, quelques ustensiles de crochetage à la ceinture à côté d'un sabre dont le pommeau est serti d'une émeraude, une épée courte avec la garde est vers le bas dans le dos, entre les omoplates, j'ai une bague de suicide et je n'ai aucune pilosité aux jambes. Je pense me faire suffisamment remarqué, mais j'ai déjà songé à me faire un tatouage,  j'hésite entre l'encre de marin et le Jhereg stylisé sur tout le dos. Le Jhereg est un animal qui n'existe pas et dont j'ai entendu parler dans je ne sais plus quel bouquin, "Les Aventures de Vlad Taltos" de Steven Brust, je crois... J'en ai gardé un excellent souvenir. J'avais trouvé que l'Univers qu'avait créé Brust ressemblait un peu au notre, enfin surtout au mien, après tout le héros est un assassin.
    J'avais finalement repéré ma victime. Bien entendu, toute la salle avait tourné les yeux vers lui. Il était plutôt grand pour un humain, je devais faire une tête de moins que lui. Il était imposant, il avait du charisme et les bruits se turent à son arrivée, même le gosse qui braillait depuis une demi-heure. Je compris pourquoi il devait mourir, il pouvait faire du tort à bien des politiciens rien qu'en étant présent dans la même salle qu'eux alors que la foule sait qu'il est contre ce que les politiciens veulent. Bientôt il n'aurait plus à s'éclaircir la voix comme il venait de le faire :

        -Mes très chers amis, vous avez été conviés ici pour une bonne chose, ou plutôt deux, la première est que je fête mon anniversaire, la seconde que je suis sur le point d'être assassiné.

    Un frisson parcourut la salle alors que je jurai silencieusement. Je me retournai, les gardes avaient croisé leurs hallebardes, la magicienne psalmodiait dans son coin et mes mains commencèrent à se mouiller. Je décidai de ne pas bouger, il y avait peu de chance qu'un autre assassin est été engagé pour le même travail et le fait que ma cible m'avait découvert ne voulait pas dire que je ne pouvais pas l'avoir. Par contre j'aurais à m'exiler le plus loin possible une fois mon forfait commis. Ce n'étais pas un problème, je connaissais une petite station balnéaire, si ça se trouve le manoir de ma précédente cible n'était pas encore vendu et avec l'argent de cette affaire, je pourrai me le payer. Mais voyons comment tournent les évènements. L'hôte rouvrait la bouche après avoir longuement dégusté l'effet de son petit discours sur la salle.
        -Veuillez faire un triomphe à Messire Hiller, assassin plus que connu de réputation, mais si peu de vue, venez donc mon ami, venez donc contempler votre échec.

    Bon, il fallait s'y attendre, je croisai les mains et les agitaient en l'air dans un signe de triomphe. J'avais bien étudié la salle et comme tous les hôtes un peu mégalos, le notre s'était perché sur un balcon qui faisait face à la salle pour son petit effet. Là où mes informations sur la salle étaient intéressantes c'est que de l'autre côté de ce balcon, il y en avait un autre qui lui surplombait le vide, nous étions au 12ème étage d'un immeuble bourgeois, je devais donc peaufiner cette partie de mon plan. Bah nous verrions en temps et en heure. Je dus faire le tour de la salle pour pouvoir emprunter un des deux escaliers qui menaient au balcon. Les gardes s'étaient sans doute attendus à une fuite ou alors ils étaient complètement cons, mais en tout cas, ils n'essayèrent même pas de s'approcher de moi pour entraver ma progression lente vers ma cible. Peut être que la mage était en train de préparer une bonne paralysie ou quelque chose dans le genre. Je ne m'en souciai guère. J'arrivai devant mon hôte et il écarta les bras en les tendant en l'air du genre : "Je suis ravi de vous voir cher ami.". Je n'y tiens pas et ma lame glissa de ma manche gauche à la main droite pour se planter dans son coeur. Je le tins pendant qu'il chutait et je lui glissai à l'oreille :

        -Pourquoi ?

    Il ne répondit pas, il était déjà mort. Je récupérai ma lame, eut un coup d'oeil pour les gardes. Ils avaient dut recevoir des instructions, ça ne me plaisait pas. Derrière moi les convives tentaient de s'échapper par tous les moyens de cette antre de mort tandis que je sautai par le balcon du 12ème étage après avoir traversé une fine fenêtre. Je me téléportai vers chez moi vers le quatrième étage. Avant de disparaître dans un petit tourbillon de fumée blanche, je vis distinctement une cohorte de gardes qui attendait devant les portes. Je levai un sourcil interrogateur, mais j'étais déjà chez moi.
Par Monk - Publié dans : Des trucs des machins des choses
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